Histoire de l’Église : de l’édit de Milan à l’avènement des Francs (313-496)

Culture & Tradition, Sans catégorie

  |  17 avril 2026

Introduction :

Jésus a donné sa vie pour nous, nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères ! C’est ce que chaque chrétien fait dans le monde et dans l’Eglise qui façonne l’histoire.

L’histoire des hommes et celle de l’Eglise n’est pas au-dessus de nous, en avançant dans la vie, chacun de nos choix particuliers se répercute sur tous et aide chacun à progresser vers la Vie éternelle ou au contraire l’en écarte !

L’histoire des saints – ce que nous pouvons être, car nous y sommes appelés et la grâce de Dieu ne manque jamais – façonne les époques. Souvent eux-mêmes ne s’en rendent pas compte, nous n’avons pas l’impression qu’un saint moine ou une sainte mère de famille puisse changer quoi que ce soit et pourtant … quelques décennies ou quelques siècles plus tard, nous le voyons pour certains et, lorsque nous paraîtrons devant le Seigneur, nous verrons ce que tous les autres ont changé dans l’Histoire qui a suivi. Chacun d’entre nous a reçu des dons, à nous de les mettre au service des autres, pour leur plus grand bien en ce monde et en vue de la Vie éternelle. Reprenons le cours de notre histoire …


La situation “politique”…

En 313, par l’édit de Milan, Constantin donne droit de cité au christianisme à l’instar des autres religions déjà présentes. Par la suite, les empereurs romains ne persécuteront plus ouvertement l’Eglise à part l’un d’entre eux, de caractère très secret et baptisé petit : Julien dit “l’Apostat”. Nommé César en 355 puis empereur à part entière de 361 à 363, il lève rapidement le masque et s’en prend à ceux qu’il appelle les “Galiléens”, c’est à dire les chrétiens.

Essayant d’une part de faire mentir les prophéties de la Bible et d’autres part promulguant des édits qui interdisent aux chrétiens certaines places dans la société (enseignement par exemple : c’est une véritable persécution, même si la forme de violences physiques n’est pas beaucoup employée). Il termine sa vie sur le front Est de l’Empire en s’exclamant avant de mourir, en parlant de Jésus :

“Tu m’as vaincu, Galiléen”:

il se rend compte que tout ce que la Bible avait dit s’est réalisé et continue effectivement de se réaliser malgré tout ce qui a été entrepris pour la faire mentir.

Après lui, les empereurs se succèdent et doivent toujours plus lutter contre les tribus barbares qui bordent leurs frontières. Un grand empereur, du nom de Théodose (né en 347, empereur de 379 à 395) n’était pas de famille impériale, mais à la vacance du pouvoir et sa valeur militaire mise en oeuvre pour le bien de tous le font appeler aux plus hautes charges. Il deviendra ainsi empereur et repoussera les ennemis avec force et courage.

Après lui il n’y aura plus d’empereur de sa classe. Ainsi l’empire, continuellement attaqué sur ses frontière sera petit à petit envahi en occident : sac de Rome par les Wisigoths en 410 (24 ou 27 août) et entrée de différents peuples dans l’empire, jusqu’à sa chute (en occident) en 476.

La situation religieuse

La situation religieuse est très liée à la situation politique. En effet, les empereurs vont souvent prendre part aux querelles religieuses. Nous l’avons vu pour Julien l’Apostat qui voulut remettre le polythéisme en vogue, sans y réussir. Mais, sans que l’on s’en rende compte à l’époque, l’édit de Milan, enfin tolérant pour les chrétiens en mettant fin aux persécutions sanglantes, ouvrit une nouvelle ère. Les chrétiens sortent de leurs catacombes et désormais certains veulent mieux comprendre leur foi.
Mais si plusieurs réfléchissent dans la prière et en suivant les données de l’Ecriture Sainte (Bible) ainsi que tout ce que l’Esprit Saint a dit par l’Eglise pendant les trois premiers siècles, d’autres désirent comprendre totalement la foi ! Comme si notre esprit humain, et donc limité, pouvait par lui-même comprendre ce qui dépasse l’entendement, comprendre Dieu.

Mais notre esprit peut-il dominer ce qui le dépasse ? Quel orgueil ! Evidemment l’erreur ne se fera pas attendre … puisque Dieu nous dépasse infiniment (sinon il ne serait pas Dieu!). De tout temps l’Eglise a encouragé la recherche sur la foi (c’est la théologie, science de la foi), mais comme toute science, la théologie part de quelques données de base à partir desquelles Elle raisonne. Il en est de même dans toute science (en mathématique ces données de base sont les axiomes, on ne les démontre jamais, ils sont posés et servent pour les raisonnements qui suivent.

De même dans toute science). Il est pourtant une différence : en théologie, les données de base ou axiomes ne sont pas posés arbitrairement ou simplement selon ce que l’homme voit, Ils sont la Parole même de Dieu qui ne peut ni se tromper ni nous tromper. Donc ces données de base sont la vérité, même si cette vérité me dépasse. En effet, si notre esprit ne peut pas tout comprendre, il sait qu’il est et qu’il reste dans La Vérité tant qu’il s’en tient à la Parole divine.

L’Eglise va donc reprendre (toujours avec douceur dans un premier temps) les auteurs qui s’écartent de la foi et cela va l’obliger à approfondir la réflexion de la foi. Dans cette recherche il nous faut distinguer :

  • les Pères de l’Eglise,
  • les docteurs de l’Eglise
  • les grands Conciles.

Les Pères de l’Eglise sont des personnages des premiers siècles qui ont bénéficié d’une assistance particulière de l’Esprit Saint pour comprendre la Parole divine et l’expliquer. Encore fallait-il qu’ils mène une vie sainte afin que cette grâce porte ses fruits. Ce furent souvent de grands papes ou évêques (St Augustin, St Léon, St Ambroise, St Grégoire le Grand etc …) et parfois d’autres personnages remarquables (St Jérôme qui traduisit la Bible en latin …).

Les docteurs de l’Eglise sont de toutes les époques (jusqu’au XXème siècle), mais un bon nombre furent aussi des pères de l’Eglise. Leur doctrine à chacun (et chacune car il y a quelques femmes docteur de l’Eglise) a été reconnue comme une voie sûre qui mène à Dieu et qu’ils ont eux-mêmes suivie.

Enfin, les grands Conciles sont des assemblées d’évêques, réunies par le pape ou reconnues par lui, et particulièrement importantes (car il y a aussi, de tout temps, eut des conciles provinciaux plus réunis pour des mises en places locales de la foi de l’Eglise). Ces grands Conciles, depuis 2000 ans, sont au nombre d’une vingtaine. Nous allons parler des premiers d’entre eux qui nous intéressent particulièrement à cette époque.

Pour en terminer avec les fauteurs d’erreurs. Certains, éclairés par l’Eglise vont reconnaître qu’ils se sont trompés. C’était de bonne foi et ils ne connaissaient pas l’enseignement complet de l’Eglise. Pour ceux là pas de problème, ils ont aidé à ce que la foi développe tous ce qu’elle contenait en germe. Mais pour d’autres, après que l’Eglise leur a montré leur erreur, ils ne voulurent pas le reconnaître et se sont enferrés orgueilleusement dans leur révolte. Ceux là sont les hérétiques (terme qui vient du grec “choisir”), ils ont choisi contrairement à la foi de l’Eglise en étant pourtant éclairés par Elle.

L’arianisme, première grande hérésie

Rapidement, dès après l’édit de Milan qui amena une certaine paix, un prêtre d’Alexandrie (en Egypte), très instruit mais très imbu de lui-même, va répandre son erreur avec succès. Ce prêtre, Arius, ne veut pas croire que Jésus soit le Fils de Dieu (pourtant cela est tellement présent dans les Evangiles !). Arius prend Jésus pour une sorte de sur-homme, mais simplement une créature. Pour lui, Dieu n’a pas de Fils, il n’y a qu’une personne en Dieu !

Cette affaire va devenir politique, et parfois les empereurs, afin d’être les maîtres des âmes également, vont prendre partie pour l’arianisme contre l’Eglise … (d’où des persécutions qui ont une origine différente des précédentes avant l’édit de Milan). Même certains évêques, plus attachés à leur position ou leur pouvoir, pas assez humbles, vont prendre fait et cause pour l’hérésie de l’arianisme … et cela va durer plusieurs siècles.

La réponse de l’Eglise : les Premiers Conciles

La réponse à l’arianisme, c’est le Concile de Nicée : face aux erreurs d’Arius, et aux façons de vivre que cela entraine, des pasteurs d’âme s’émeuvent, l’empereur Constantin voit que la division s’installe et il décide d’agir.

Il convoque une assemblée des évêques dans la ville de Nicée (un peu plus loin que Constantinople, de l’autre
côté du détroit du Bosphore). Les conclusions de cette assemblée de plus de 300 évêques (c’est vraiment beaucoup pour l’époque) seront reconnues par le pape ce qui en fera un Concile général.

La pièce maitresse de ce Concile est saint Athanase, diacre d’Alexandrie. Sa clairvoyance et la limpidité de son exposé font jaillir la lumière et confortent la foi au milieu des explications alambiquées de tenants de l’arianisme. Le Concile de Nicée pose les fondations mais la lutte contre l’erreur n’est pas terminée. Athanase devient un peu plus tard évêque de la grande ville d’Alexandrie. Mais les intrigues politiques des ariens le feront exiler à cinq reprises ! Cependant, avec patience il supporte tout cela pour la conversion de ses contradicteurs.

Comme la divinité de Jésus avait été remise en cause, celle du Saint Esprit le sera aussi. A cette question répondra le second grand Concile, celui qui se tient à Constantinople en 381. Ce qui y est défini, ajouté à ce qu’avait dit le Concile de Nicée, sera exprimé dans une formule de foi que nous disons parfois aujourd’hui à la messe, le CREDO de Nicée-Constantinople.

 » Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la
terre, de l’univers visible et invisible, Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le
Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu,
lumière, né de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu Engendré non pas créé, de
même nature que le Père ; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour
notre salut, il descendit du ciel ; par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie,
et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et
fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et
il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour
juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit
Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le
Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les
prophètes. Je crois en l’Église, une, catholique et apostolique. Je reconnais un
seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la
vie du monde à venir. Amen « 

Par la suite, d’autres erreurs vont permettre à l’Eglise de préciser d’autres points. La maternité divine de la sainte Vierge Marie est mise en cause … ce qui pose question quant au Christ : est-il vraiment Dieu ? est-il vraiment homme ? la divinité n’absorbe-t-elle pas l’humanité ? Il y a-t-il finalement deux sujets, l’un divin et l’autre humain ? …

A ces questions deux Conciles seront nécessaires pour apporter une réponse : Ephèse en 431 et Chalcédoine en 451 … Entre ces deux conciles la lutte contre l’Eglise va parfois s’intensifier, mais finalement la Vérité triomphe, malgré les difficultés. Le Pape St Léon, celui qui sauva Rome et l’Italie des Huns, pape de 440 à 461, ne pouvant se rendre à ce Concile, va écrire un petit livre dans lequel il expose la foi de l’Eglise. Ce « tome” sera lu à Chalcédoine et permettra de définir complètement, dans la foi, qui est Jésus le Christ : un seul sujet, deux natures (la divine et l’humaine) sans confusion, sans mélange etc … cette foi est définitive et personne ne s’en écarterait sans se tromper.

Définition du Concile de Chalcédoine :

« A la suite des Saints Pères, nous enseignons tous unanimement et confessons
un seul et même Fils, Notre Seigneur Jésus Christ, le même parfait selon la
divinité, le même aussi parfait selon l’humanité, vraiment Dieu et vraiment
homme, le même avec une âme raisonnable et un corps ; consubstantiel avec le
Père selon la divinité, et le même homoousios (consubstantiel) avec nous selon
l’humanité, semblable à nous en tout, sauf le péché ; engendré du Père avant les
siècles selon la divinité, et dans les derniers jours, le même, pour nous et notre
salut, né de Marie la Vierge Theotokos (Mère de Dieu) selon l’humanité ; un seul
et même Christ, Fils, Seigneur, Fils Unique en deux natures sans confusion,
sans changement, sans division, sans séparation (pas un mutant …) ; la
différence des natures n’est nullement supprimée par leur union, mais, plutôt, les
propriétés de chaque nature sont sauvegardées et réunies en une seule
personne (prosopon) et une seule hypostasis, sans division ni séparation en
deux personnes (prosopa) ; mais un seul et même Fils unique, Dieu, Logos, le
Seigneur Jésus Christ ; comme les prophètes de jadis l’ont annoncé de lui, et
comme le Seigneur Jésus Christ lui-même nous l’a enseigné, et comme le
symbole des pères nous l’a transmis. »

Bref, ces siècles ont permis un approfondissement de la foi dont nous bénéficions aujourd’hui. Certains, par fidélité à Jésus l’ont payé de leur vie, d’autres ont subi des vexations, ont été exilés et ont subi bien des souffrances. Ils l’ont fait comme témoins (martyrs) du Seigneur et ils veillent désormais sur nous du haut du Ciel.

Quelques autres faits:

La foi s’est développée dans les premiers pays évangélisés. En France elle fut l’oeuvre des évêques, spécialement à la période suivante, mais déjà nous pouvons citer celui qui fut le premier saint patron de la France, saint Martin.

Né bien loin de là, en Hongrie actuelle, d’un père officier supérieur romain et d’une mère simple et douce, Martin va au cours des différentes affectations de son père, connaître des chrétiens. Il voudrait être baptisé, mais cela demande de la préparation pour être baptisé et il ne reste jamais assez longtemps dans le même lieu. Il ne peut ainsi recevoir le baptême.

Encore jeune (il a 16 ans), son père signe pour lui dans l’armée romaine. Il va donc devoir y rester de longues années (17 années). Cependant, il mène une vie de foi dans le Christ, même s’il n’est pas encore baptisé. Le passage le plus connu est celui de son manteau dont il donne la moitié, par une glaciale nuit d’hiver, devant les portes d’Amiens, à un pauvre hère qui grelotte de froid.

Notons qu’il ne donne pas tout le manteau, pourquoi ?
Parce que seulement la moitié lui appartenait ! En effet, l’autre moitié était propriété de l’empire romain. Ainsi il a bien donné tout ce qui lui appartenait, ne pouvant pas donner ce qui ne lui appartient pas (ce serait du vol).

La nuit suivante il voit, en rêve, le Christ recouvert de ce manteau et qui s’écrie :

C’est Martin qui me l’a donné, et pourtant il n’est pas encore baptisé !

Peut de temps après arrivera la fin de son engagement. Il suivra alors la formation des catéchumènes et sera baptisé. Il ira ensuite près de Poitiers (où se trouve un saint évêque, Hilaire) et fondera ce qui deviendra un monastère. De là le bien qu’il fait rayonne déjà. Il sera fait évêque de Tours un peu (et même totalement) par surprise, mais acceptera finalement. Ce sera le premier évêque à former ce qui deviendra les paroisses dans lesquelles ils affectera des prêtres afin de continuer l’évangélisation dans les plus petites villes et campagnes alors que la foi n’est guère présente que dans les villes à ce moment là. (pour plus de renseignements aller voir une vie de st Martin).

L’Evangélisation de nos pays européens puis celle du monde ne fait que commencer, elle demandra bien des sacrifices et formera de nombreux saints.

Transition avant la prochaine fois …

Pour terminer, ce fut aussi l’époque (Vème siècle) de la guerre contre les Huns, repoussés en 451 par une coalition de romains et de peuples germaniques. C’est aussi le siècle de la chute de l’Empire romain d’occident (476)… que suivi l’installation des tribus barbares et la conversion de l’une d’entre elles, les Francs de Clovis.

Ce dernier devint roi des Francs en 481 et se convertit à la prière de son épouse Clotilde. Il recevra le baptême à la Noël 496, avec 2 à 3000 de ses guerriers. Mais laissons-en pour le mois prochain …

Les petites histoires de l’époque suivront (j’espère) d’ici peu !

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