Histoire de l’Église : Ambroise de Milan, le gouverneur devenu évêque (IVe siècle)

Culture & Tradition

  |  28 avril 2026


À la fin d’un IV ème siècle rempli de faits historiques majeurs et de luttes de l’Eglise contre des contrefaçons de la foi qui la mettent gravement en péril, un homme, que rien ne préparait à cela, va avoir un grand rôle sur les plans à la fois politique et religieux. Voici quelques passages un peu vivants de sa vie. Si la forme est un peu ‘romancée’, biens des faits qui y sont racontés sont historiques …

Salut Laurent !
Salut Agnès !
L’évêque est mort … qui va lui succéder ?

(en ce temps-là l’élection des évêques se faisaient sur place, en fonction des qualités des personnes)

Mes voisins tiennent pour Auxence, mais il n’a pas la vraie foi, c’est un disciple d’Arius pour qui Jésus n’est pas le fils de Dieu. J’espère que nous serons préservés d’un tel choix !

Tu as bien raison, Laurent, allons en parler à nos amis et faisons-nous entendre. Dans la ville de Milan, résidence de l’empereur d’occident, les disputes entre catholiques et ariens deviennent de plus en plus chaudes. Au début c’était des mots, puis des cris … les jours suivants quelques bagarres avaient éclatées.

Mais dans les semaines qui suivirent, quelques catholiques avaient été violemment pris à partie et il s’en était fallu de peu que l’un d’eux soit tué.

Salut Clément, Cécile, Perpétue, Pierre et Vesta. L’élection a-t-elle eu lieu ?

Pas encore, des groupes pour Auxence commencent à se rassembler sur la grande place pour imposer celui qu’ils veulent. Ils ont l’air hargneux et quelques armes circulent. Pas d’armes de notre côté, si ce n’est pour parer les coups, mais nous ne nous laisserons pas imposer un intrus !

De petits groupes s’avancent de part et d’autre de la place, en s’observant. Puis les cris commencent à fuser :

« Auxence, nous voulons Auxence ». « Non, il n’en est pas digne, il n’a pas la foi de l’Eglise ! »

De la fenêtre de son palais de gouverneur, un haut fonctionnaire romain, regarde. Né il y a 35 ans près de Trèves, très loin dans le nord, il est devenu avocat puis est entré dans une carrière où son honnêteté est sa justice alliée à son sens du devoir firent merveille. De grandes capacités intellectuelles et le goût de servir lui firent gravir les échelons sans l’avoir cherché. Et le voici devenu gouverneur de la ville impériale, ici à Milan.

De la fenêtre il voit quelques groupes qui s’avancent sur la gauche … pas d’armes de fer mais des bâtons. « Mon devoir est de maintenir l’ordre, se dit-il. Certainement la population m’en voudra, mais c’est pour le bien de tous que je vais devoir aller refroidir ces têtes chaudes. En d’autres circonstances j’aurais envoyé un simple officier subalterne, mais la situation est plus délicate, je ne vais pas mettre quelqu’un dans l’embarras, j’y vais »

Appelant quelques soldats qu’il savait être maitres d’eux-mêmes, il leur demande de le suivre et prend l’escalier qui descend jusqu’à la place. Bien lui en pris parce que déjà des coups commencent à être donnés. Pourquoi vient-il encore, le gouverneur, nous n’allons pas pouvoir imposer Auxence et rosser ceux qui s’opposent à nous.

En effet, Ambroise, le gouverneur, était déjà intervenu pour calmer les esprits, et il y était arrivé, imposant son calme aux plus excités.

Le temps que l’officier descende, les bandes sur la place en sont venues aux mains. Quelques groupes des rues voisines se joignent à eux et la mêlée est général. C’est alors qu’arrive Ambroise. Deux petits enfants sur le bord de la place sont protégés par leur père, ils voient le gouverneur et se disent entre eux : « Tiens voilà Ambroise, le gouverneur !

Oui, c’est vraiment un gars bien, avant lui nous n’avions jamais eu un homme aussi juste et bon. Toujours là pour assurer l’ordre et respectueux de chacun d’entre nous. Toujours prêt à aider ! Tiens, jeudi, la charrette du marbrier avait rompu son essieu sous le poids des lourdes pierres. Comme il n’y avait pas d’autre incident, il est venu lui-même aider l’artisan à réparer la roue et remettre les blocs de marbre dessus.

Oh oui, on pourrait citer un certain nombre de faits de même nature.

Nous qui sommes chrétiens nous ne nous comportons pas aussi bien que lui. Vraiment c’est un homme bon, prudent et avisé.

J’y pense, pourquoi ne pas le choisir comme évêque : tout le monde reconnaît sa bonté et ses compétences !

Acclamons-le, d’une part cela mettra fin aux luttes sans fin que nous sommes obligés de subir, et d’autres part, il remplira avec conscience les lourds devoir d’un pasteur des âmes.

Tu as raison, crions ensemble … « Ambroise évêque, Ambroise évêque, Ambroise évêque … »

Quelques-uns s’arrêtèrent, étonnés de l’acclamation. Mais en y réfléchissant, ce n’est pas si bête ! Et plusieurs reprirent, de leur grosse voix : « Ambroise évêque, Ambroise évêque … »

La mêlée commença de s’apaiser, car le cri se propageait. Chacun s’y arrêtait et finalement tout le monde approuva : « Ambroise évêque … Ambroise évêque …. »

Le calme se fit, et seul cette acclamation se faisait entendre. Tout le monde avait l’air heureux, sauf le gouverneur. Ambroise essayait vainement de s’en aller, mais les enfants ne le lâchaient pas.

« Mais je ne suis pas même baptisé » dit-il !

« Oui, mais tu vis déjà comme un chrétien et tu connais notre foi. Tu y adhère déjà dans ton cœur »

Ambroise était droit et reconnu que cela était vrai. Il demanda à prier jusqu’au lendemain. Dans cette nuit de prière, il reconnu l’appel du Seigneur et (chose qui ne serait plus possible aujourd’hui), il reçut le baptême, la confirmation et fut rapidement ordonné (prêtre). Quelques temps après il devint évêque de Milan, la grande cité !

Le cœur ouvert à la Parole de Dieu, il se mit à remplir fidèlement et avec toute son énergie les devoirs d’une telle charge. Il prit la route de la sainteté et ne la quitta plus.

Oui, quand le cœur s’ouvre sans restriction à Dieu, ce sont des pas de géant que le Seigneur nous fait faire et c’est un bien immense qu’il découle de nos actions.

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