Il a voulu se faire l’un de nous
Le Christ a voulu se faire l’un de nous pour nous racheter, bien sûr, mais aussi pour nous donner un remède, et un remède à notre mesure. Il a voulu venir nous toucher de ses mains, être avec nous comme l’un de nous. On pourrait se dire : Jésus est mort il y a deux mille ans, il est ressuscité, il est monté aux cieux, tout cela est loin de nous. Pauvres de nous. Et pourtant non. Le Seigneur est toujours avec nous, dans chaque sacrement.
Au sacrement du baptême, quand l’eau coule, Jésus est présent ; sinon, l’eau n’est rien du tout. Il est présent en personne, présent lui-même. Et dans l’Eucharistie, on pourrait le dire à plus forte raison encore, c’est Jésus lui-même qui est présent. Pas seulement d’une présence spirituelle, ce serait trop facile. Non : il est présent avec son corps, avec son regard, avec sa divinité, avec son âme, présent tout entier, et non pas une partie. Si ce n’était qu’une présence spirituelle, il ne se serait pas incarné, ce n’était pas la peine ; il n’aurait pas souffert, ce n’était pas la peine.
Dans l’Eucharistie, il y a tout cet amour, non pas un amour désincarné, mais un amour incarné dans chaque petite chose. Le Seigneur est avec nous.
Le Christ avec nous jusque dans la souffrance
Dans chacune de nos souffrances, le Christ est avec nous. Il la connaît, cette souffrance, qu’elle soit physique, morale, spirituelle ou intellectuelle. Il est avec nous. C’est pour cela qu’il s’est incarné, c’est pour cela qu’il est là.
Et même quand il n’y a plus personne à nos côtés, même au fond de la prison la plus fermée, le Seigneur est avec nous. Un cardinal, François-Xavier Nguyen Van Thuan, a témoigné de ses années de détention en Asie. Il était attaché, il n’y avait plus rien, et il se disait lui-même : je ne prie plus, je ne sais plus. À ce moment-là, un de ses geôliers s’est mis à chanter un cantique au Saint-Sacrement, appris sans doute dans son enfance, et qui n’avait plus guère de rapport avec Dieu dans sa bouche. Par là, Dieu lui a fait comprendre : je suis avec toi. Même quand tu as l’impression de ne plus pouvoir prier, je suis là.
Dans les goulags aussi, on sait que certains ont veillé sur une hostie consacrée, et que par miracle elle s’est conservée vingt ans, trente ans, quarante ans. Nous en avons parfois des témoignages de première main. Le Seigneur est avec nous.
Ainsi Jésus a institué le sacrement de l’Eucharistie, dans lequel il demeure avec nous :
« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. »
Les divers modes de la présence du Christ
Précisons un peu cette présence. Je m’appuierai principalement sur le pape saint Paul VI, dans son encyclique Mysterium fidei sur l’Eucharistie, mais pas seulement.
La présence est une notion analogique, comme la santé. On peut être présent de bien des manières. Quelqu’un de votre famille peut être présent physiquement, à table avec vous, avec vos enfants, vos neveux et nièces. Ou bien il n’est pas là, mais vous pensez à lui. Des époux séparés par un voyage prient parfois l’un pour l’autre tous les soirs à la même heure, et pensent l’un à l’autre : c’est une présence. On peut être présent par une photo, par un texte que l’on relit, par une parole citée. Il en est de même du Christ dans sa présence à son Église.
Il est présent à son Église qui prie, étant lui-même celui qui prie pour nous, qui prie en nous, qui est prié par nous :
« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Il est présent à son Église qui accomplit des œuvres de miséricorde. Je pense à sainte Émilie de Vialar, qui fonda une congrégation religieuse et s’en alla soigner les malades en Algérie et en Tunisie. Parmi ces malades, il y avait des musulmans. L’un d’eux, allongé et près de mourir, vit la croix qu’elle portait : le Christ était bien présent dans ce service rendu par miséricorde. Il est là dans toutes les œuvres de miséricorde, dans tous les petits services rendus aux autres, dans les visites aux malades.
Il est présent à son Église qui enseigne : c’est l’Esprit Saint qui parle à travers elle, pour peu que ceux qui enseignent lui soient dociles. Prions pour eux. Il est présent à son Église qui gouverne le peuple de Dieu. Il est présent par sa Parole, dans la proclamation des Écritures, notamment dans l’Évangile ; c’est pourquoi l’on peut encenser l’évangéliaire, pour mieux dire ce caractère de la présence du Seigneur. Il est présent dans les sacrements.
Une présence d’un autre ordre
Mais, dit le pape saint Paul VI, on reste émerveillé devant ces divers modes de présence du Christ, et l’on y contemple le mystère même de l’Église. Pourtant, bien autre est le mode vraiment sublime selon lequel le Christ est présent à l’Église dans le sacrement de l’Eucharistie. C’est pourquoi ce sacrement est, parmi tous, le plus doux pour la dévotion, le plus beau pour l’intelligence, le plus saint pour ce qu’il renferme : il renferme le Christ lui-même.
Cette présence, on la nomme réelle. Non pas que les autres ne soient pas réelles, mais celle-ci l’est par excellence, par antonomase, parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, homme et Dieu, se rend présent tout proche de nous.
« Ceci est mon corps »
Ce n’est donc pas une présence seulement spirituelle, ce n’est pas un simple symbolisme.
« En vérité, en vérité, je vous le dis, dit Jésus : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour ; car ma chair est une vraie nourriture, et mon sang une vraie boisson. »
Ces paroles ne laissaient aucun doute à ses auditeurs :
« Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Beaucoup s’en allèrent. Le sens de ces paroles est sans équivoque. Jésus peut-il mentir ? Non, il est Dieu, il est la vérité même ; il est la bonté même. Et que dit-il ? « Ceci est mon corps. » Il ne dit pas : ceci représente mon corps, ceci fera penser à mon corps, ceci est comme mon corps. Non : ceci est mon corps, là où il y a son corps, il y a aussi sa divinité. De même : « Ceci est mon sang. » Non pas la présence spirituelle de son sang, mais son sang. Il n’y a pas plus simple.
Le pouvoir de changer le pain en son corps
Pouvait-il vraiment changer le pain en son corps ? La question, il faut se la poser. Rappelez-vous les noces de Cana : c’était de l’eau, ce n’est plus de l’eau, c’est du vin. Rappelez-vous Lazare : il était mort, Jésus a même attendu qu’il le soit depuis quatre jours, le corps se décomposait déjà, on ne pouvait pas se tromper. « Lazare, sors du tombeau. » Et Lazare sortit, vivant. Cela paraît impossible, et pourtant c’est possible, parce que Jésus est bien Dieu, et que Dieu, ayant créé la nature des choses, en est le Maître.
Donc, si ce n’est plus du pain, si c’est son corps, alors c’est un mystère, un mystère de la foi qui me dépasse. Non que l’on ne puisse pas avancer un peu à la lumière de la foi, en ouvrant son cœur à la parole du Seigneur. Rappelez-vous les infirmes, les sourds, les muets, les aveugles, les paralysés. La lèpre, on n’en guérit pas ; on peut tout au plus en arrêter l’évolution, jamais revenir en arrière. Or Dieu guérit totalement les lépreux. Ainsi je crois de tout mon cœur que ce qui était du pain est vraiment devenu le corps du Christ, par la puissance de Jésus.
Substance et apparences
À la lumière de la foi, essayons de comprendre un peu, non d’expliquer tout le mystère, ce qui n’est pas possible, mais d’avancer. Comme le disait saint Augustin, la foi demande à être mieux comprise : on cherche dans la foi pour que la foi augmente, et plus la foi augmente, plus on cherche à comprendre. C’est un cercle vertueux, car la foi prépare à la vision, elle nous prépare à rencontrer Dieu.
Voici un livre. Il pourrait avoir trois pages, cinquante, deux cents, deux mille : c’est toujours un livre. Imaginez maintenant que j’aille chez le boulanger et que je lui demande « du pain » : il sera bien embêté. Une baguette ? Bien cuite, peu cuite ? Une boule, un pain d’épeautre ? Sous toutes ces apparences, il y a pourtant quelque chose de stable et de fondamental, qui ne se voit pas, mais sur quoi tout repose : la substance. Si j’ai une baguette, c’est du pain ; si je la coupe en deux, c’est du pain ; si j’en prends un petit morceau, c’est toujours du pain. La substance demeure sous tout ce qui l’entoure.
Quand l’Église nous dit que la présence du Christ est substantielle, elle dit une présence très forte : non pas les apparences, mais la réalité même de la chose. Dans l’Eucharistie, la substance du pain disparaît et est remplacée par la substance du corps du Christ. C’est vraiment le corps du Christ, même si les apparences demeurent ; et ce ne sont pas les apparences qui font la chose, c’est la substance. Le vin n’est plus du vin : à la place de la substance du pain et de celle du vin, qui n’existent plus, il y a la substance du corps et du sang du Christ, sous les seules apparences.
Une substance se transforme donc en une autre. Et le mot que l’on a trouvé pour le dire, c’est transsubstantiation : un changement de substance. On me dira que le mot est barbare. Il ne l’est pas. On a essayé, dans les années soixante et soixante-dix, d’employer d’autres termes, et tous ont mené à des impasses. Saint Paul VI le rappelle dans Mysterium fidei : on ne peut trouver de mot plus adéquat pour dire ce qui se passe, et ce mot fait partie de la foi.
Ce qu’enseigne le Magistère
Je veux citer le Magistère, à travers deux numéros du Catéchisme de l’Église catholique, qui reprennent eux-mêmes plusieurs papes et plusieurs conciles œcuméniques.
« Dans le très saint sacrement de l’Eucharistie sont contenus vraiment, réellement et substantiellement le corps et le sang, conjointement avec l’âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, et par conséquent le Christ tout entier. » Cette présence est dite réelle non à titre exclusif, comme si les autres ne l’étaient pas, mais par excellence, parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, Dieu et homme, se rend présent tout entier.
« Par la consécration du pain et du vin s’opère le changement de toute la substance du pain en la substance du corps du Christ, et de toute la substance du vin en la substance de son sang. Ce changement, l’Église catholique l’appelle justement transsubstantiation. » Cela fait partie de notre foi.
Les miracles eucharistiques
Le Seigneur est si bon avec nous. Il n’y était pas obligé, mais il a accompli un certain nombre de signes, ce que l’on appelle les miracles eucharistiques. Cinq chercheurs ont entrepris de les recenser et d’en présenter cent trente-huit. Je n’en citerai que quelques-uns, parmi les plus connus.
Il y a le miracle de Lanciano, une petite ville d’Italie. Au moment de la consécration, un prêtre eut un doute ; il regarda dans le calice et y vit cinq caillots de sang. Il ne les consomma pas. On constata plus tard que les cinq caillots ensemble pesaient autant qu’un seul, quel que soit celui que l’on prît : cela défiait nos lois mathématiques, qui ne sont qu’humaines.
Un autre, moins connu, et pourtant à Paris : la chapelle de la rue des Billettes, dans le Marais. Selon le récit, deux hommes hostiles à la foi catholique se procurèrent une hostie auprès d’un mauvais chrétien qui ne l’avait pas consommée. Un soir, ils la frappèrent d’un poignard, et le sang se mit à couler, à couler, jusque sous la porte et au-dehors. On bâtit une chapelle à cet endroit.
Du temps de saint Antoine de Padoue, un homme instruit mettait en doute la présence du Christ dans l’Eucharistie, avec une telle mauvaise foi que le saint lui répondit qu’un âne aurait plus de bon sens que lui. On affama donc un âne deux ou trois jours, puis on prépara sur la grande place de Padoue, d’un côté le Saint-Sacrement, de l’autre une bonne nourriture. On mit l’âne au milieu. Affamé, salivant déjà devant la nourriture, il regarda des deux côtés ; mais il alla devant le Saint-Sacrement, plia les genoux et resta un long temps en adoration. Puis seulement il se releva pour aller manger.
Enfin, un miracle eut lieu, dit-on, dans le palais de saint Louis. On vint le presser : « Sire, venez vite, un miracle eucharistique ! » Et le roi répondit : « Non. C’est vrai, j’en suis sûr, mais je n’ai pas besoin d’aller voir cela : je crois. C’est le Christ. Qu’y a-t-il de plus fort que ce que Dieu me dit lui-même ? J’ai la parole de Dieu, je n’ai pas besoin des apparences. » Cette manière de faire est importante.
Le buisson ardent
Il y a une belle image, dans l’Ancien Testament, pour comprendre le Saint-Sacrement. Moïse, gardant les troupeaux de Jéthro, voit un buisson qui brûle sans se consumer : le buisson ardent. Le Seigneur est présent sous les espèces, sous les apparences du pain, qui n’est plus du pain ; et pourtant le feu de sa présence ne consume pas ces apparences. Il est là, présent au milieu, devant nous.
Pourquoi le Seigneur veut-il être là ?
Quand on aime quelqu’un, on veut être avec lui. Et comme cela tient au cœur de Jésus immensément, il le dit au moment de sa mort. Or, lorsqu’on va mourir, on dit les choses importantes : la première chose qu’il fait, c’est d’instituer le Saint-Sacrement, de dire la première messe. « Faites ceci en mémoire de moi. » Voilà ce qu’il nous laisse, parce qu’il veut être avec nous.
Mais ce n’est pas seulement pour être avec nous. Cela ne lui apporte rien à lui. C’est entièrement pour nous, parce qu’il nous aime, d’un amour qui dépasse l’amour humain. Ouvrons notre cœur à cet amour. Il se met à notre niveau, il nous fait parfois la grâce d’en ressentir quelque chose ; mais même quand nous ne ressentons rien, il est là, avec tout son amour.
Une nécessité vitale
L’Église nous demande de venir à la messe. On disait autrefois, et la chose reste vraie même si l’on n’emploie plus tout à fait les mêmes mots, qu’il est obligatoire d’y aller chaque dimanche. C’est même une nécessité vitale : comment vivre éternellement avec lui si je ne suis jamais en sa présence ?
Et le Bon Dieu fait cette grâce à chacun d’entre nous : être là pour nous comme si nous étions seuls. Car à travers le prêtre, c’est toute l’Église qui est présente. Quand je célèbre la messe, je pense à tous les paroissiens, et le Seigneur est là pour chacun comme si chacun était seul.
L’amour qui divinise
« Ayant aimé les siens, il les aima jusqu’au bout. » C’est par amour qu’il fait tout cela, par amour qu’il se fait homme, pour qu’il y ait entre nous une certaine égalité, sans laquelle il n’est pas d’amitié possible. Et comme il remonte au ciel, il nous divinise, pour que nous soyons toujours avec lui, non pour un temps, mais pour l’éternité.
Pensons à deux fiancés qui s’aiment vraiment. Être amoureux n’est qu’un sentiment, qui peut passer ; mais s’aimer, c’est tout vouloir l’un pour l’autre, et goûter le moindre signe d’amour reçu. Ils cherchent surtout à se rencontrer. Le Seigneur, lui, nous aime infiniment, non d’un sentiment, mais d’un amour réel. Et que désire-t-il ? Que nous le rencontrions. Quand on le rencontre, il remplit notre cœur. On ne va pas à lui pour les cadeaux qu’il donne ; on va à lui pour lui-même. Il ne nous doit rien, et pourtant il nous fait la grâce de cette présence, et non d’une présence quelconque : de cette présence réelle, par antonomase, dont il n’y a pas de plus réelle.
L’amour a tant guidé Jésus qu’il prend ce moyen pour être avec nous à travers les sacrements. L’amour se moque des apparences et du qu’en-dira-t-on : il est là, avec nous, ses bien-aimés. En quelque sorte, nous commençons déjà l’éternité. Il n’a pas voulu attendre que nous soyons morts pour être avec nous ; il veut l’être chaque jour de notre vie.
Un saint l’avait bien compris : d’une famille chrétienne peu pratiquante, il vint à la messe tous les jours après sa première communion, faite à sept ans à peine. Il disait : de même que nous brunissons en nous mettant devant le soleil, de même, en nous mettant devant Jésus-Eucharistie, nous devenons des saints, nous devenons ses amis. C’est en venant devant Jésus que l’on devient saint, non par notre propre force, mais parce qu’il est là. C’est en forgeant que l’on devient forgeron.
Quelques points pratiques
Jésus est présent substantiellement, tout entier, dans chaque parcelle, dans chaque miette. C’est pourquoi le prêtre, après la communion, purifie la patène, le corporal et ses doigts qui ont touché les hosties : s’il reste de petites parcelles, c’est Jésus.
Quand nous venons communier, faisons un acte d’adoration ; c’est le minimum. On peut communier à genoux, ou faire une inclination auparavant. On peut communier sur la langue ou dans la main ; si c’est dans la main, prenons garde qu’il ne reste aucune petite parcelle. De même, en arrivant à l’église, faisons une génuflexion lorsque c’est physiquement possible : c’est Jésus présent. J’ai vu de grands progrès en ce sens. Avant la messe, le temps est plus calme, on peut prier ; c’est important, par respect pour le Christ, qui est là.
S’il est beau de le recevoir dans la communion, il est plus fondamental encore de le recevoir avec un cœur en état de grâce et avec une intention droite. Je développerai cela mercredi.
Et nous devrions être prêts à protéger le Christ, qui s’est fait si petit dans l’Eucharistie qu’il peut y être outragé. Rappelez-vous saint Tarcisius, le saint patron des enfants de chœur, ce petit Romain du temps des persécutions. Après la messe célébrée dans les catacombes, il fallait porter la communion aux prisonniers qui allaient être mis à mort. Le prêtre ne le pouvait pas, trop connu ; le petit garçon se proposa. On lui confia la custode avec les hosties. Il traversa les postes de garde ; mais avant le cirque, des camarades voulurent jouer avec lui. Comprenant qu’il portait quelque chose, ils essayèrent de le lui arracher. Il referma ses mains de toutes ses forces, et n’ouvrit pas les bras. Ils le tuèrent. Un centurion chrétien survint, ouvrit doucement ses mains, et le communia au moment de sa mort.
À la Révolution française, un prêtre confia la sainte Eucharistie à un jeune garçon, lors d’une messe célébrée de nuit. Poursuivi par les soldats, l’enfant déposa le Saint-Sacrement dans le creux d’un arbre. Il fut tué. Des dizaines d’années plus tard, on vit comme un ostensoir inscrit sur l’écorce de l’arbre ; et quand on l’abattit, on y retrouva le Saint-Sacrement. Ce n’est pas pour cela que nous croyons, mais voilà des choses qui découlent de notre foi, et que le Bon Dieu a bien voulu nous montrer.
L’adoration eucharistique
Un dernier point : l’adoration. Le pape Jean-Paul II en parle dans son encyclique sur l’Eucharistie. Le culte rendu à l’Eucharistie en dehors de la messe est d’une valeur inestimable dans la vie de l’Église ; il est étroitement uni à la célébration du sacrifice eucharistique. La présence du Christ sous les espèces conservées après la messe, présence qui dure tant que subsistent les espèces du pain et du vin, découle de la célébration et tend à la communion. L’adoration nous prépare ainsi à communier avec plus de fruits.
Il revient aux pasteurs d’encourager le culte eucharistique, particulièrement l’exposition du Saint-Sacrement et l’adoration devant le Christ présent sous les espèces, que ce soit dans l’ostensoir, dans le ciboire ou simplement au tabernacle : c’est le même qui est présent. Il est bon de s’entretenir avec lui, et, penché sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé, de se laisser toucher par l’amour infini de son cœur. Le pape ajoutait avoir bien des fois fait cette expérience, et en avoir reçu force, consolation et soutien.
De nombreux saints nous ont donné l’exemple de cette pratique. Saint Alphonse-Marie de Liguori s’y distingua, lui qui écrivait : parmi toutes les dévotions, l’adoration de Jésus au Saint-Sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu et la plus utile pour nous. L’Eucharistie est un trésor inestimable : la célébrer, mais aussi rester en adoration devant elle en dehors de la messe, permet de puiser à la source même de la grâce.
Pour finir
On pourrait s’arrêter sur chaque phrase et y penser pendant des heures. Comme Dieu est bon. Demandons-lui, en prenant un peu de temps, toutes les grâces que nous voulons ; mais surtout, pendant la messe, en pensant à cette Présence, demandons-lui la grâce de vivre en sa présence, de la cultiver, de contempler le Christ et son visage, afin de l’aimer autant qu’il mérite d’être aimé.