Tous saints !

Enseignements

  |  10 avril 2026

À la suite de Jésus et des Apôtres, l’Église nous appelle tous à la sainteté.

Au cœur de la vie de foi et de l’annonce de cette foi nous trouvons une personne : Jésus le Christ. Nous (parents, catéchistes, prêtres, religieux…) sommes appelés à le suivre par la parole et plus encore par l’exemple, d’apprendre aux enfants à faire de même, à participer à la vie du Dieu trois fois saint. Écoutons d’abord l’appel du Christ, puis celui de notre nature spirituelle, enfin voyons comment devenir tous saints… chacun selon ce qu’il est.

L’appel de Dieu et du Christ

C’est de tout temps que Dieu nous appelle à la sainteté, et dès l’Ancien Testament :

« Soyez saints car Je suis saint, moi le Seigneur, votre Dieu » (Lv 19,2).

Mais cet appel est plus fréquent depuis que Jésus est venu, lui-même nous appelle :

« Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48).

C’est aussi la dernière, la suprême demande que Jésus adresse à son Père le Jeudi saint :

« Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis ceux-là soient aussi avec moi » (Jn 17,24)

demande qui vise en particulier ses Apôtres et à travers eux tous les hommes puisque c’est vers ceux-ci que les Apôtres sont envoyés (cf. Mt 28,19-20).

Les Apôtres transmirent à toutes les générations l’appel à la sainteté. C’est par exemple saint Pierre qui nous dit :

En enfants obéissants, ne vous conformez pas à vos convoitises de jadis, lors de votre ignorance ; mais, de même que celui qui vous a appelés est saint, montrez-vous saints, vous aussi, dans toute votre conduite » (1P 1,14-15).

Saint Jean nous appelle lui aussi à la sainteté, à sa façon. Il souligne que nous sommes enfants de Dieu, destinés à le voir (cf. 1Jn 3,1-2), puis il continue :

Et quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur […] celui qui pratique la justice est juste comme lui-même est juste.

Enfin, l’amour de Dieu pour nous nous fait aimer nos frères. Nous retrouvons là les deux dimensions de la sainteté, de la charité : l’amour de Dieu se traduit de façon incarnée dans l’amour de nos frères.

À la suite de Jésus et des Apôtres, l’Église nous appelle à la sainteté. Sans remonter trop dans le temps écoutons ce que nous dit l’Église au cours du second concile du Vatican. Un chapitre spécial est consacré à « La vocation universelle à la sainteté dans l’Église » dans la constitution dogmatique Lumen Gentium. On y rappelle que dans l’Église, tous sont appelés à la sainteté. Cette vocation, ou appel, à la sainteté repose sur l’exemple et la parole de Jésus. Plus encore, le Seigneur a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de sainteté pour que nous aimions Dieu de toute notre âme et de toutes nos forces et que nous nous aimions les uns les autres comme lui-même nous a aimés. L’appel à la sainteté commence donc en nous par le don de la sainteté que Jésus nous fait dans le baptême et dans chaque grâce. Cette sainteté reçue, à nous (avec l’aide de Dieu) de la garder et de la porter à son achèvement. Nous devons maintenant vivre « comme il convient à des saints » (Ep 5,3), et remplis de l’Esprit nous devons porter des fruits de sainteté.

La saine ambiance de la vie familiale permet d’intervenir opportunément auprès des enfants pour leur rappeler de façon régulière leur vocation à la sainteté. Cette mission des parents est importante et les enfants recevront d’autant mieux ce message qu’ils auront sous les yeux l’exemple de ceux qui les encouragent. Mais n’oublions pas non plus que cet appel répond au désir de notre nature créée par Dieu.

L’appel de notre nature spirituelle

La vie humaine a un sens, une raison qui lui est proportionnée. Or à l’origine l’homme est sorti bon des mains de Dieu pour pouvoir réaliser cette fin pour laquelle il est créé. Le bouleversement opéré par la faute originelle a blessé notre nature, mais celle-ci est toujours là et elle cherche toujours son accomplissement, son bonheur.

Si cette recherche a un côté pathétique (« Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi », disait saint Augustin), elle est cependant toujours ancrée au plus profond de chaque être humain. Créés à l’image et à la ressemblance de Dieu nous sommes destinés, par lui, au bonheur qui est vie en sa présence, nous sommes naturellement appelés… à la sainteté.

L’exercice de la sainteté

Saint François de Sales a cette très belle image dans l’Introduction à la vie dévote : comme Dieu fit les plantes chacune selon son genre, ainsi demande-t-il à ses enfants (les chrétiens) qui sont les plantes vivantes de l’Église, qu’ils produisent chacun des fruits de sainteté selon son état de vie et ses activités. Et effectivement la pratique des vertus, de la sainteté, n’est pas la même chez un artisan ou un PDG, chez un père de famille ou une jeune fille, chez un évêque ou un Chartreux…

Si nous sommes tous appelés à devenir des saints, à aimer Dieu et notre prochain, si cela demande de se convertir, cependant les actions pratiques ne peuvent être les mêmes pour tous. C’est d’abord en accomplissant notre devoir d’état que nous accomplissons la volonté de Dieu. Or ce devoir d’état n’est pas le même pour un enfant-écolier, pour une mère de famille ou pour un religieux. « Dans la variété des genres de vie et des charges, c’est une seule sainteté que cultivent tous ceux qui sont mus par l’Esprit de Dieu […] mais chacun doit avancer (sans hésitation) selon ses dons et ses fonctions » soulignent les pères du dernier concile (Lumen Gentium, 41).

Quant au chemin et aux moyens de sainteté, notre propos n’est pas de les traiter explicitement. Il n’en reste pas moins que Le Chemin n’est autre que le Christ (cf. Jn 14,6) et que les moyens sont ceux qu’il nous a laissés : l’exemple des vertus et spécialement de cette charité qui va jusqu’à donner sa vie pour nous, l’Église et les sacrements qu’il lui a confiés.

TOUS SAINTS… Plus encore que les générations passées, nous avons l’exemple des saints. Ceux-ci sont faits pour le temps de leur élévation sur les autels, dit-on. Or le nombre inaccoutumé de canonisations ces dernières décennies est déjà un appel pour que TOUS nous devenions des SAINTS.

Un dernier moyen pratique très utile est de lire régulièrement des vies de saints (et d’en faire lire aux enfants). Nous comprendrons ainsi de façon incarnée que l’appel qui nous est adressé n’est pas fait que de paroles qui sortent de la bouche. C’est la parole vivante du Christ qui, à travers ceux qui nous ont précédés, nous appelle à la vraie Vie.

Abbé Rémi Veillon

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