Aujourd’hui un texte à méditer, dans le silence et face au Seigneur. Descendons dans notre cœur, fermons la porte aux sollicitations extérieures pour méditer ce texte devant Celui qui ne veut que notre bonheur …
(…) Or voilà l’erreur ; quelques-uns veulent devenir saints, mais à leur façon. Ils veulent aimer Jésus-Christ, mais à leur guise, sans renoncer à leurs divertissements, à leur vanité dans la toilette (ou autres choses), à leur sensualité dans la nourriture.
Ils aiment Dieu, mais s’ils ne réussissent pas à obtenir tel emploi, les voilà troublés ; si on les touche dans leur réputation, ils jettent feu et flamme ; si, malades, ils tardent à guérir, ils perdent patience. Ils aiment Dieu, mais ils persistent dans leur attachement aux richesses, aux honneurs et à la gloriole de passer pour nobles, savants, et plus vertueux que les autres.
Ces chrétiens-là peuvent s’adonner à l’oraison, s’approcher de la sainte table, ils en retireront peu de profit, car leur cœur est encombré de terre. le Seigneur ne leur parle même pas ; il voit que ce serait peine perdue.
C’est ce qu’i révéla un jour à sainte Thérèse (d’Avila) : « Je parlerais à bien des âmes, mais le monde fait trop de bruit à leurs oreilles, aussi ma voix ne peut se faire entendre. Ah ! que ne se mettent-elles un peu à l’écart du monde ! » Rempli d’affections terrestres, on est incapable de percevoir la voix de Dieu qui nous parle.
Malheureux qui s’attache aux biens sensibles de ce monde ! Aveuglé par eux, facilement il en viendra un jour à renoncer à l’amour de Jésus-Christ, et, ainsi, il perdra éternellement Dieu, le bien infini, pour garder les biens passagers d’ici-bas. « C’est justice, disait sainte Thérèse,que, poursuivant des choses périssables, on périsse avec elles. »
(…) Un cœur est-il dégagé des créatures, aussitôt le divin amour y pénètre et le remplit. Par ailleurs, selon l’observation de sainte Thérèse, si l’on écarte tout ce qui peut séduire le cœur, l’âme se porte du même coup à aimer Dieu. En effet, elle ne peut vivre sans amour ; elle a le choix entre le Créateur et les créatures ; si elle n’aime pas les créatures elle aimera le Créateur. Bref, il faut tout quitter pour tout gagner !
