Carlo Acutis, « naître comme un original, ne pas mourir comme une photocopie »

Saints

  |  1 juillet 2026

Carlo n’est pas un saint de vitrail. Il aime beaucoup les animaux, chats et chiens en particulier (ses parents en ont plusieurs), qu’il met en scène dans des vidéos comiques. Il joue volontiers au football, apprend en autodidacte le saxophone, et surtout se passionne pour l’informatique. Toutefois, ces centres d’intérêt ne sont jamais une fin en soi. Faire fructifier les talents reçus de Dieu lui est un moyen de Le glorifier, et de procurer le bien de son prochain ; sa modestie, d’ailleurs, égale son intelligence.

Carlo observe avec un vif intérêt tout ce qui l’entoure. Cette capacité à observer, puis à aller au bout de ses réflexions, sera une de ses qualités dominantes. Ainsi, il dira du Baptême :

« C’est une chose très importante, parce qu’elle permet aux âmes de se sauver grâce à leur insertion dans la Vie divine. Les gens qui participent à un Baptême se polarisent trop souvent sur les confettis, les bonbons et la robe blanche, qui font partie de la fête, mais ils ne se soucient absolument pas de comprendre le sens de ce grand don que Dieu fait à l’humanité. »

Ce don est la possibilité de devenir enfants de Dieu et héritiers de son Royaume éternel.

Carlo ne garde jamais pour lui ce qu’il a appris, il s’empresse toujours de le partager avec les autres. Jamais on ne l’entend se vanter de ce qu’il a ou de ce qu’il sait. La tyrannie de la mode (il faut avoir des vêtements de marque, conformes à la tendance du moment) le laisse indifférent, il voit dans ces modes le résultat de spéculations commerciales et, pour sa part, s’habille simplement et sans recherche. À l’école, il noue de fortes amitiés, mais n’est pas toujours compris. Plusieurs se demandent, par exemple, pourquoi il passe toujours ses vacances à Assise, alors que les moyens financiers de ses parents lui permettraient de s’offrir des voyages dans des pays lointains et des lieux plus à la mode. Peu avant de mourir, Carlo confiera à son père spirituel :

« Assise est le lieu où je me sens le plus heureux ! »

La tyrannie de la mode le laisse indifférent, il voit dans ces modes le résultat de spéculations commerciales et, pour sa part, s’habille simplement et sans recherche.

Les nombreuses amitiés, masculines comme féminines, de l’adolescent se maintiennent dans les limites d’une chasteté sans compromission. Il n’admet pas les familiarités entre jeunes de sexes différents, ni les cohabitations pré-matrimoniales. Une jeune fille témoignera de sa fidélité à l’Église et à ses enseignements, notamment en matière de sexualité et de morale familiale.

Lors d’une discussion sur l’avortement, pendant un cours de religion, Carlo prend la défense de la vie humaine, démontrant que l’embryon est un être humain dès sa conception, et que sa suppression est un homicide.

Un Père jésuite, proche de Carlo pendant ses années de lycée, résume son impression sur lui :

« Je suis persuadé qu’il était comme le levain dans la pâte, ou plus encore comme le grain de blé enfoui en terre ; il ne faisait pas de bruit mais faisait croître… De lui, on pouvait dire : voilà un jeune chrétien heureux et authentique. »

Dans l’Exhortation apostolique Christus vivit, le Pape François s’adresse ainsi aux jeunes : « Le monde numérique peut t’exposer au risque du repli sur soi, de l’isolement ou du plaisir vide. Mais n’oublie pas qu’il y a des jeunes qui sont aussi créatifs, et parfois géniaux, dans cet environnement.

C’est ce que faisait le jeune vénérable Carlo Acutis. Il savait très bien que ces mécanismes de la communication, de la publicité et des réseaux sociaux peuvent être utilisés pour faire de nous des êtres endormis, dépendants de la consommation et des nouveautés que nous pouvons acquérir, obsédés du temps libre et prisonniers de la négativité.

Cependant, il a été capable d’utiliser les nouvelles techniques de communication pour transmettre l’Évangile, pour communiquer valeurs et beauté. Il n’est pas tombé dans le piège. Il voyait que beaucoup de jeunes, même s’ils semblent différents, finissent en réalité par se ressembler, en courant derrière ce que les puissants leur imposent à travers les mécanismes de consommation et d’abrutissement.

C’est ainsi qu’ils ne laissent pas jaillir les dons que le Seigneur leur a faits ; ils n’offrent pas à ce monde ces talents si personnels et si uniques que le Seigneur a semés en chacun. Ainsi, disait Carlo, il arrive que “tous les hommes naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies”. Ne permets pas que cela t’arrive !.

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