Beaucoup de chrétiens désabusés estiment qu’au début du troisième millénaire, la sainteté est dépassée et qu’il n’est plus possible pour un jeune d’en suivre le chemin dans le monde de l’adolescence, à moins de s’enfermer dans une « bulle » imperméable au temps et à l’entourage.
Carlo Acutis, jeune Italien, mort à quinze ans le 12 octobre 2006, prouve le contraire. Plein d’entrain et exceptionnellement doué, il voyait l’Eucharistie comme « son autoroute vers le Ciel » et a transformé sa passion pour l’informatique en un voyage spirituel, laissant un héritage qui défie le temps et les tendances !
Nous vous proposons ici, dans les mois à venir, de faire plus ample connaissance avec Carlo Acutis, Saint patron de notre paroisse de Puyoô.
Ainsi, le programme sera le suivant :
- Carlo ACUTIS, un jeune chrétien moderne, heureux et authentique – Mai 2026
- Carlo ACUTIS, un exemple de sainteté pour les jeunes du XXIème siècle – Juin 2026
- Carlo ACUTIS, « naître comme un original, ne pas mourir comme une photocopie » – Juillet 2026
- Carlo ACUTIS, son « kit pour devenir des saints » – Août 2026
- Béatification et Canonisation de Carlo ACUTIS – Septembre 2026
- Quelques citations de Saint Carlo Acutis pour nous aider à suivre ses pas – Octobre 2026
Ces textes sont proposés d’après les cours du Collège des Bernardins (collegedesbernardins.fr) et le site officiel de l’association Carlo Acutis (carloacutis.com).
Carlo naît à Londres le 3 mai 1991, d’Andrea et Antonia Acutis, jeune ménage italien travaillant alors en Angleterre. Ses parents ne sont pas pratiquants. Cependant, l’enfant est baptisé dès le 15 mai, et il sera instruit dans la religion catholique.
La famille Acutis rentre à Milan dès septembre 1991. De caractère très sociable, Carlo est un enfant pacifique : à sa nourrice polonaise, qui lui conseille de se montrer plus pugnace avec les enfants agressifs, il répond :
« Le Seigneur ne serait pas content si je réagissais avec violence. »
La période estivale se passe au bord de la mer, à Centola, près de Salerne. L’enfant est vite adopté par toute la population de ce village tranquille, et il devient l’ami de tous. Il récite avec ferveur le chapelet et va à la Messe chaque jour depuis sa première communion faite à l’âge de sept ans. Son recueillement quand il communie impressionne les témoins.
À Milan, Carlo est scolarisé à l’Institut Tommaseo des sœurs Marcellines. Il demeure fidèle à la Messe quotidienne, et trouve toujours une « grande personne » pour l’y accompagner. En chemin, l’enfant s’arrête pour bavarder un peu avec les concierges, en général étrangers, qui n’ont pas l’habitude d’une telle attention de la part des habitants de la métropole lombarde.
Son tact lui permet de se mettre au niveau de ses interlocuteurs, quel que soit leur milieu social. Il témoigne le plus grand respect aux personnes pauvres, faibles et abandonnées, et estime qu’un rang élevé ou la richesse matérielle obligent ceux qui les possèdent à en faire profiter les moins favorisés. Un chômeur qui mendiait à l’entrée d’une église se souvient de la charité de Carlo, qui lui donnait chaque jour une pièce de monnaie et lui parlait gentiment. Cet homme avait parlé au garçon d’une de ses amies, indigente, qui se laissait mourir de dépression et de misère. Carlo et sa mère parvinrent à la faire hospitaliser. « Carlo était trop bon et trop pur pour cette terre », conclut le brave homme.
À quatorze ans, Carlo est inscrit au lycée de l’Institut Léon XIII à Milan, tenu par les Jésuites. Il propose ses services pour mettre au point le site internet de l’établissement, travail auquel il consacre tout l’été 2006. Il s’occupe également de préparer des enfants au sacrement de Confirmation.
En classe, il est particulièrement attentif aux camarades qui rencontrent des difficultés pour suivre le rythme des études ; il donne à l’un ou à l’autre des leçons particulières de mathématiques. Faire fructifier les talents reçus de Dieu lui est un moyen de Le glorifier, et de procurer le bien de son prochain. Sa modestie, d’ailleurs, égale son intelligence.
Carlo passe de longues heures à mettre au point des logiciels pour répondre aux besoins de ses amis. Il est toujours disponible pour les initier aux mystères de l’informatique, car il considère qu’il est indispensable, de nos jours, qu’un jeune sache bien utiliser un ordinateur. Un professionnel de la programmation témoigne : «
J’ai été stupéfait de sa compétence dans le domaine de la programmation. A quinze ans, il était au même niveau que moi, qui ai publié plusieurs livres sur le sujet, utilisés dans des universités et des entreprises… Il était extraordinairement intuitif ».
Avant les examens, Carlo propose à tous ses amis de les aider à utiliser leur ordinateur. Mais il se montre un exemple vivant, une sorte de boussole qui enseigne à tous le moyen d’éviter les excès, voire les dérives catastrophiques qui peuvent résulter de la multiplicité des connexions possibles sur la “toile”.
La première dérive est de se laisser entraîner dans un monde virtuel, aux dépens du monde réel où Dieu est présent et nous donne une tâche à accomplir sous son regard. Alors, la voix de la conscience s’affaiblit, les incitations à la transgresser deviennent d’autant plus séduisantes qu’elles apparaissent elles aussi virtuelles.
Carlo passe la majeure partie de ses vacances à Assise, dans une maison appartenant à sa famille. Les exemples de saint François lui deviennent familiers, spécialement son humilité. Il comprend que l’humilité, cette vertu directement contraire à l’orgueil inné dont nous avons hérité en tant qu’enfants d’Adam, est le chemin royal de la vraie sainteté. Il apprécie spécialement le sanctuaire de l’Alverne, où saint François a reçu les stigmates puis est mort en 1224, configuré de manière extraordinaire à la Passion du Christ. C’est là que Carlo approfondit, au cours de plusieurs retraites, le mystère de la Messe, sacrifice parfait qui rend présent, de manière non sanglante, le sacrifice sanglant du Calvaire.