La vie spirituelle de Carlo Acutis est centrée sur la Messe quotidienne. Les rares fois où il ne peut y prendre part, en raison d’un empêchement scolaire, il se recueille et fait une “communion spirituelle”.
« L’Eucharistie est mon autoroute vers le Ciel ! »
répète-t-il souvent. Sa vie lui apparaît comme une Messe unie au sacrifice rédempteur du Christ.
« Les âmes se sanctifient très efficacement grâce aux fruits de l’Eucharistie quotidienne, affirme-t-il, et ainsi elles ne risquent pas de se trouver dans des périls qui mettraient en jeu leur salut éternel. ».
Carlo est très sensible à la manière plus ou moins recueillie et fervente dont les prêtres célèbrent la Sainte Messe.
Avant ou après la Messe, il fait un temps d’adoration. Il sait que l’Église attache une indulgence plénière à l’adoration du Saint-Sacrement pendant une demi-heure, et il applique souvent ce bienfait spirituel aux âmes du Purgatoire « les plus abandonnées ». Il se fait l’apôtre convaincu de la participation à la Messe dominicale auprès de personnes qui n’y vont plus, et plusieurs de ses amis reprendront la pratique religieuse, certains après sa mort.
Depuis sa petite enfance, Carlo éprouve respect et affection pour les moniales cloîtrées. Il a fait sa première Communion dans l’église des Sœurs ermites de Saint-Ambroise à Perego. Il a aussi rencontré des moniales de plusieurs autres couvents. C’est à l’intercession des religieuses qu’il attribuera, adolescent, la grâce de vaincre les tentations contre la chasteté et la tempérance (alcool, drogues), qui sont cause de tant de péchés et de ravages chez les jeunes de son âge. Se souvenant que la famille doit être « comme un sanctuaire de l’Église à la maison » (Vatican II, Apostolicam actuositatem, n° 11), il conseille aux parents de prier avec leurs enfants pour leur obtenir la persévérance dans l’état de grâce au moment de l’adolescence.
Sa dévotion mariale se concrétise par une affection particulière pour le sanctuaire de la Madone de Pompéi, près de Naples, où il se consacre plusieurs fois à Notre-Dame du Rosaire. En ce lieu, il obtient de Marie la grâce de la conversion d’une femme qui ne fréquentait plus les sacrements depuis trente ans. Carlo se rend aussi à Lourdes et à Fatima, lieux d’apparitions mariales qui influencent beaucoup sa spiritualité.
«Mon fils menait une vie absolument normale, témoigne le père de Carlo, mais il avait toujours présent à l’esprit le fait que nous devrons tous mourir un jour ou l’autre. Quand on évoquait devant lui un projet d’avenir, il répondait : “Oui, si nous sommes encore en vie demain et après-demain, car il n’y a que Dieu qui connaisse le futur” ».
Au début d’octobre 2006, Carlo, qui a quinze ans et demi, tombe malade. Les symptômes font penser à une simple angine, ni les parents ni le médecin familial ne s’inquiètent. Mais le jeune homme, comme saisi par une intuition, dit à ses parents : « J’offre au Seigneur, pour le Pape et l’Église, toutes les souffrances que j’aurai à endurer, et aussi pour aller tout droit au Ciel sans passer par le Purgatoire. ». Le dimanche suivant, il est dans une faiblesse extrême et on le conduit immédiatement en clinique. Les examens révèlent la terrible réalité : leucémie aiguë M3, une des formes les plus agressives du cancer du sang. Lorsqu’il apprend par ses parents la gravité de sa maladie, le garçon, serein, s’écrie : « Le Seigneur me réveille ! »
L’assistance respiratoire s’avérant peu efficace, Carlo est transféré à l’hôpital spécialisé de Monza. À sa grande satisfaction, sa mère et sa grand-mère sont autorisées à dormir dans sa chambre. Un prêtre lui administre les sacrements.
Son état s’aggrave rapidement, lui occasionnant de grandes souffrances. La patience du jeune homme fait l’admiration du personnel soignant. Lorsqu’on lui demande comment il se sent, il répond en souriant :
« Bien, comme toujours » ou : « Cela pourrait être pire ».
Tombé dans le coma, Carlo est victime, le 11 octobre, d’une hémorragie qui entraîne la mort cérébrale. Le mourant est cependant maintenu sous respirateur jusqu’à ce que le cœur s’arrête de lui-même, le 12 au matin.
Les parents de Carlo font transporter son corps à la maison, dans sa chambre. Les quatre jours suivants voient un défilé continuel devant sa dépouille. Une foule immense assiste à ses obsèques, et beaucoup doivent rester à l’extérieur faute de place. Au moment de l’Ite Missa est, les cloches se mettent à sonner à toutes volées, car il est exactement midi, heure de l’Angélus… Cette coïncidence est perçue par bien des assistants comme un signe de l’entrée de Carlo dans la gloire céleste.