Trouver sa vocation ? Et si tu te posais les bonnes questions…

Spiritualité

  |  8 juin 2026

Il y a en chacun de nous une question qui ne dort jamais. Elle prend mille visages. Pour l’un, c’est le métier qu’il n’a pas trouvé, ou celui qu’il a trouvé et qui sonne creux. Pour l’autre, c’est l’amour qui tarde, le mariage, le célibat, la vie consacrée. Pour un autre encore, c’est cette impression sourde, au milieu d’une vie pourtant remplie, de n’être pas tout à fait à sa place, de passer à côté de quelque chose dont il ne connaît même pas le nom. Nous appelons cela trouver sa vocation et, nous pouvons y user des années.

Ce qui nous épuise, ce n’est pas l’attente. C’est la peur. La peur de nous tromper, de pousser la mauvaise porte, d’abîmer l’unique vie qui nous est donnée. Nous imaginons que Dieu garde pour nous un plan secret, un seul chemin juste et que notre existence demeure suspendue, retenue, presque interdite, tant que nous ne l’avons pas deviné. Alors nous attendons. Nous guettons un signe. Et pendant ce temps, la vie passe, et nous la regardons passer comme les spectateurs de notre existence.

La vérité, c’est que tu n’as rien à arracher à Dieu, car tu n’es pas appelé à vivre pour cette vie mais pour la vie du monde à venir. Le seul but de cette vie est de comprendre que tu ne peux pas vivre sans Dieu. Cela a l’air simple, mais cela suppose bien davantage qu’il n’y paraît. Cela suppose de réparer ce qu’Adam et Ève ont perdu. Une vie en communion avec Dieu, une vie dans la confiance, dans l’obéissance, une vie humaine transcendée par Dieu.

« Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? »

Matthieu 6, 25-26

D’ailleurs, Jésus invite ses apôtres à devenir comme ces petits oiseaux lorsqu’il les envoie deux par deux, sans rien emporter. Eux les premiers devaient apprendre à vivre de la divine Providence qu’ils allaient être amenés à nous prêcher.

Ainsi, il n’est pas tant question de vocation, ni de perdre son temps à croire que nous en avons le contrôle, ou même que nous savons, par nous-mêmes, ce qui nous rend heureux. Nous le croyons à travers les images que nous fantasmons, tirées des idées reçues que nous nous sommes faites du bonheur, lues dans des livres, vues dans des films. Et quelle tristesse, car cet amour-là est si pauvre, si pâle, comparé à l’amour de Dieu pour nous.

La vraie question, celle qui ne fait pas perdre de temps, est celle-ci : 

Pour quelle fin Dieu a-t-il créé l’homme ? 

Car c’est en y répondant que tu trouveras la réponse à “qu’est-ce qui rend l’homme heureux”, et donc à ce qui te rendra heureux, toi. Apprends à comprendre l’homme si tu veux mieux te comprendre toi-même, et cela sous le regard de Dieu, non sous le regard du monde.

Sainte Élisabeth de la Trinité nous donne la bonne réponse : 

L’homme est fait pour devenir parfaite louange de la Très Sainte Trinité.

Dans son traité, elle cite saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens : nous avons été choisis pour être à la louange de sa gloire. Voilà ta première vocation, celle qui se tient sous toutes les autres comme la sève sous l’écorce. Non pas faire. Être. Devenir, là où tu es, ce pour quoi tu es venu au monde : une louange vivante, la lumière de Dieu rendue visible dans une vie d’homme.

Là est ta vraie vocation, celle dont découle le reste. Le métier, le conjoint, la communauté, le don de toi. Ces petites vocations naissent de la grande, celle de devenir l’être qui reflète Dieu et laisse sa lumière éclairer tout autour de lui.

De là vient le plus grand des commandements, celui que Jésus nous a laissé comme un testament :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le plus grand et le premier commandement. Et le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Matthieu 22, 37-39

Nous l’avons longtemps reçu comme un ordre venu d’en haut pour nous contraindre, mais quand on médite ce commandement à l’aune du Dieu d’Amour, qui nous a fait à son image, nous comprenons qu’il ne nous impose rien d’étranger. Il nous rappelle de quoi nous sommes faits, cette nature que la peur et le péché avaient recouverte. Il nous invite à redevenir ce que nous sommes.

Ces deux commandements n’en font, en fait, qu’un. Parce que l’âme devient parfaite louange de Dieu, parce qu’elle se laisse façonner en reflet de son Seigneur, elle ne peut plus faire autrement que de rayonner sur ses frères l’amour qu’elle reçoit. Le second ne s’ajoute pas au premier comme une seconde obligation, il en déborde, comme la lumière déborde du foyer qui l’allume.

Pour mieux le comprendre, nous te proposons de prendre un moment d’oraison en écoutant (en haut d’article) un extrait du traité spirituel « le Ciel de la Foi », de sainte Élisabeth de la Trinité, à écouter, à méditer, à prier tout au long de cette semaine en essayant, à l’exemple de Jésus, de faire évoluer ta prière : 

Non pas ma volonté Seigneur, mais la tienne !

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