En effet, le Seigneur nous pousse souvent à la prière, par son exemple tout d’abord, mais aussi par son enseignement. (cf. Mat 7, 7-11) :
« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ?
Ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! »
Et pourtant il y a bien des fois où il semble bien que nous ne soyons pas exaucés …
Et en effet, l’apôtre saint Jacques nous en averti dans sa lettre (Jac 4, 3) :
« Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, songeant à satisfaire vos passions… ».
Et saint Paul dans l’épitre aux Romains (8 ; 26) :
« L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. »
Ainsi la prière doit être « bonne », qu’est-ce à dire ?
Nous relevons dans l’enseignement du Seigneur QUATRE QUALITES principales de la prière.
La confiance :
Soyons rapide sur ce premier point : si je n’ai pas confiance, si je n’ai pas foi en Dieu, foi qu’il peut et veut m’accorder tout ce qu’il me faut (et plus) pour mon bonheur (éternel), alors j’aurai beau demander, en fait je ne sollicite rien car sans confiance on ne peut pas obtenir. Mais passons aux trois autres qualités, celle-ci étant tellement évidente.
L’humilité :
C’est la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18, 9-14) :
« À l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”
Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Si nous demandons, c’est que nous ne pouvons pas par nous-mêmes, c’est que la personne à qui l’on s’adresse est plus grande que nous. Dans la prière c’est Dieu lui-même. Faisons-nous petits devant lui, tenons-nous à notre place (à genoux, debout …)
Les « bonnes demandes » :
suite humilité, nous en tenir à ce qu’il nous a dit qui est bon : accomplir sa volonté. Ainsi, lorsque nous demandons un bien spirituel, le Seigneur nous en fera la grâce … encore faut-il que notre cœur soit ouvert lorsque cette grâce arrivera et frappera à la porte de notre cœur. Mais le Seigneur répondra toujours à cette prière. Si nous ne sommes pas exaucés, il faudra peut-être chercher en nous-mêmes : voulions-nous vraiment cette grâce avec tout ce qu’elle implique, où était-ce un caprice, juste pour paraître demander quelque chose de bien … mais le Seigneur « sonde les reins et les cœurs », il sait mieux que nous-mêmes ce qu’il y a dans notre pensée et quelles sont nos intentions réelles.
Il peut arriver que nous demandions des biens « matériels » ou « terrestre », « humains », comme une bonne renommée, comme des dons d’intelligence plus grands, comme le fait qu’il ne pleuve pas cet après-midi, et beaucoup d’autres choses très terre à terre, mais aussi parfois des biens qui peuvent être très charitables : la guérison d’une personne malade qui souffre beaucoup etc. Or parfois cela arrive, mais cela peut aussi souvent ne pas arriver ! Pourquoi ? Parce que nous demandons mal, parce que nous ne savons pas ce que nous demandons … c’est-à-dire que tout cela peut être très bon, mais ce n’est pas le plus important.
Soyons certain que si ces demandent favoriseront notre plus grand bien spirituel pour le reste de notre vie, si ces demandent nous conduisent sur le chemin de la Vie éternelle, alors le Seigneur nous exaucera. Lui sait exactement si cela est le cas où non. Ainsi, si nous sommes exaucés, n’oublions pas de le remercier. Et s’il semble que nous ne soyons pas exaucés, alors soyons certains que le Seigneur ne l’a fait que pour notre véritable bien et bonheur. Il nous aide ainsi à purifier notre prière et peut-être nous accordera-t-il une autre grâce qui nous sera beaucoup plus utile … à nous d’ouvrir notre cœur à l’amour du Seigneur !
La persévérance.
Permettez-moi de plagier une parabole du Seigneur, concernant ce personnage, qui très tard le soir entend toquer à sa porte. Quelle n’est pas sa surprise de voir un de ses amis, qu’il n’avait pas vu depuis longtemps, arriver d’un long voyage, fatigué et affamé. « Comment vas-tu ? et ta famille ? etc. etc. Ah mais j’oublie, tu dois avoir bien faim en arrivant de cette longue étape à pied ! assied-toi là je vais te préparer quelque chose. » Et, allant à la cuisine, il voit et se rappelle qu’il n’a plus de pain !
Qu’à cela ne tienne, mon voisin en a toujours en réserve … mais il n’est pas commode ! Et donc il sort et va frapper à la porte voisine. Une fois … deux fois … et encore … jusqu’à ce que la fenêtre de l’étage s’ouvre et que le voisin lui crie d’un seul jet : « mais tu vas réveiller tout le monde ici, allez, rentre chez toi ! » et referme la fenêtre. Et quelques instants plus tard il recommence à frapper à la porte. Rapidement la fenêtre s’ouvre de nouveau, « mais qu’est-ce qu’il y a ? Bien voilà, un de mes amis arrive de voyage, je ne peux pas le laisser à la porte bien sûr ! et lui servir à manger.
Mais voilà, je n’ai plus de pain !! fainéant, tu aurais dû y penser. Tant pis pour toi, allez laisse-moi » et il referme la fenêtre. Peu après la porte fait encore entendre le bruit d’une main qui la frappe … la fenêtre s’ouvre à nouveau : « Non ! mais tu exagères … écoute, ma femme et moi sommes couchés, tout est rangé, je ne puis rien faire » … et à nouveau jusqu’à ce que, certainement un peu excédé il lui envoie les pains en travers de la figure depuis sa fenêtre … mais les pains, il les aura !!!
Voici donc cette parabole revisitée, mais qui garde son sens original : demander avec persévérance … afin que le Seigneur voie bien que ce n’est pas un caprice (nous en faisons tellement avec lui !). S’il attend ce peut être aussi pour affermir notre prière, pour affermir la confiance ou telle autre chose dans ma prière … ou même pour me donner plus que ce que j’ai demandé. C’est l’exemple de la prière de sainte Monique, la maman de saint Augustin qui pria pour la conversion de son fils, et elle pria tous les jours, certaine que le Seigneur l’exaucera … ce qui n’arriva que 16 ans plus tard. Et pendant ces 16 années elle pria tous les jours (à développer, en allant lire Les Confessions de saint Augustin).
Maintenant que nous connaissons les qualités de la prière, mettons-nous à l’œuvre, prions avec foi ou confiance, avec humilité, demandant en toute choses d’accomplir la volonté de Dieu, et demandons avec persévérance, sans nous lasser jamais !